Les marchés boursiers mondiaux ont enregistré de solides rendements au deuxième trimestre, portés par l’enthousiasme soutenu entourant l’essor de l’IA et par l’optimisme suscité par la perspective d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a favorisé l’appétit pour le risque. Les marchés ont toutefois perdu un peu de leur élan en juin.
Les titres technologiques et les mégacapitalisations, qui avaient fortement progressé, sont devenus une source de volatilité vers la fin du trimestre, les investisseurs ayant réévalué la durabilité des opérations liées à l’IA et les valorisations boursières connexes. Alors que les inquiétudes liées au choc pétrolier s’estompaient, les pressions sur les coûts découlant de l’essor de l’IA sont passées au premier plan, mettant en évidence la sensibilité des marchés boursiers dans un contexte de valorisations élevées, de taux d’intérêt élevés et de forte concentration des marchés.
En dollars canadiens, l’indice MSCI Monde tous pays (17,3 %) a terminé le deuxième trimestre près de ses sommets historiques. L’indice S&P 500 (17,1 %) a affiché sa meilleure performance trimestrielle depuis le rebond post-pandémie de 2020, grâce à l’excellente performance des géants du secteur technologique. L’indice S&P/TSX (7,0 %) a également progressé, mais a tiré de l’arrière, les faibles rendements (négatifs) des secteurs de l’énergie et des matériaux ayant plus que neutralisé l’excellente performance du secteur financier. L’indice MSCI EAEO a également connu un bon trimestre (12,7 %). Enfin, l’indice MSCI des marchés émergents (26,1 %) a largement surpassé ses homologues des marchés développés, porté par une forte progression des fabricants asiatiques de semi-conducteurs, qui a entraîné d’importants gains en Corée et à Taïwan, deux marchés représentant plus de 50 % de l’indice.
Stratégie de placement
Notre scénario le plus probable demeure celui d’une inflation persistante au cours des 12 à 18 prochains mois. Bien que les pressions sur les prix persistent et que l’inflation demeure nettement supérieure aux cibles de la banque centrale, des anticipations d’inflation bien ancrées permettent une réponse plus pragmatique (et moins restrictive) des autorités monétaires, ce qui contribue à limiter le risque d’un ralentissement marqué de l’économie. Cela dit, dans un contexte où les taux d’intérêt devraient demeurer élevés plus longtemps, les perspectives de croissance mondiale devraient diminuer légèrement, ce qui constitue un double frein tant pour les valorisations (le « C » du ratio C/B) que pour les prévisions de bénéfices (le « B » du ratio C/B), et pose certains défis aux marchés boursiers, qui évoluent près de leurs sommets historiques.
Comme une grande partie des bonnes nouvelles semble déjà intégrée dans les cours actuels, les marchés boursiers pourraient être vulnérables à une surprise négative. Plus précisément, un conflit prolongé et non résolu au Moyen-Orient, une intensification de la guerre commerciale ou encore l’éclatement de la bulle liée à l’IA continuent de représenter des risques de baisse pour les perspectives. À moins d’un essor puissant de la productivité attribuable aux placements qui prolongerait le marché boursier haussier (ce qui est moins probable selon nous), nous nous attendons à ce que les actions demeurent sur la défensive. Nous maintenons la sous-pondération des actions sur notre horizon tactique de 12 à 18 mois.